Réf: 887252279X
Auteur: Gilles Le Pape
Edition: Archè, 2006
29.00 €
27.55 €
Aux sources du registre des 2400 noms d'anges et d'archanges de Martinès de Pasqually.
Un des fondements de la forme de pensée dite
'ésotérisme' est la loi des semblables. Elle fait appel à l'analogie
pour expliquer le rapport étroit qui existe entre le macrocosme et le
microcosme. « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », par ces
mots, la Table d'Émeraude souligne les liens vitaux qui unissent les
choses de l'en-deçà et de l'au-delà, les rapports entre le créé et
l'incréé, pour « faire des miracles d'une chose ». La communication
entre ces deux mondes, induite par la règle des correspondances, trouve
dans la théurgie l'une de ses formes privilégiées. Le contact angélique
recherché trouve ici son chemin et son outil : les écritures magiques.
L'ange
et l'homme ne cohabitent pas, mais utilisent rituels et symboles, à
savoir des écritures magiques, pour bâtir en un acte unifiant, la
relation entre mésocosme et microcosme. C'est du signe tracé par le
mage que résulte la manifestation céleste ; le symbole et le résultat
attendu de l'opération magique sont intimement liés. Plus qu'un simple
lien, le signe ou le caractère est un 'médium' qui est à la fois la
porte et la barrière qu'il faut franchir pour entrer dans le monde
surcéleste. La connaissance de ces écritures magiques est
indispen-sable au mage pour l'accomplissement de ses desseins.
Cet
ouvrage est une enquête qui prend ses racines au IIIe siècle A. D.,
alors que les Grecs manient déjà la doctrine des signatures entre les
astres, la nature et l'homme, à Martines de Pasqually au siècle des
Lumières. C'est en parcourant les écrits de J. Trithème, H. C. Agrippa,
Paracelse, G. Postel, J. Dee, J. Gaffarel, A. Kircher et nombreux
autres que se dessine la toile de fond, notamment pour la période qui
va du XVe au XVIIIe siècle. Le suivi du tracé de ces écritures en
Islam, la revisite du monde angélique et de la talismanie, tout autant
que les rapports entre stéganographie et écritures magiques, vont
parachever cette description du paysage magique dans lequel évoluent
ces écritures.
Parmi les différentes formes ou familles d'écritures
magiques qui lient les deux mondes matériel et spirituel, la plus
importante, au dessin baroque, sert de fil d'Ariane. Elle est connue
sous le nom générique d'écriture 'à lunette' ou bouletée.
Ces
caractères bouletés sont largement utilisés dans le Registre des 2400
noms, ce remarquable dictionnaire théurgique qu'est le répertoire
angélique de Martines de Pasqually, un mage dont les sources sont fort
obscures. Ce Registre, véritable cœur autour duquel s'articule le
système de magie cérémonielle des Élus-Cohens, est l'objet de la
dernière partie, l'aboutissement de cette étude. Il ressort que,
concernant les outils utilisés, Martines de Pasqually s'inscrit
exactement dans la lignée des grands théurges, digne héritier de ses
prédécesseurs.
En fait, l'histoire de ces écrits secrets, en
particulier depuis le commencement de la période médiévale, paraît
avoir été intimement liée à la quête de la langue parfaite ou adamique.
Les différents acteurs, inspirés par la vision de la philosophia
perennis, recherchent cette langue, reflet de l'essence des choses et
vrai miroir de notre univers. Au-delà des différents visages de la
cryptographie dans le contexte de l'ésotérisme occidental, on peut
présumer que la finalité, avouée ou non, consciente ou non, de cette
longue quête est sans doute la recherche de cette langue parfaite,
celle d'Adam, celle qui ré-unira Dieu, l'homme et la nature.
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